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Le regard des autres / Diary

Le regard des autres.

Il y a peu, je partageais avec vous des images de la campagne réalisée par Julie Tellier, pour la collection de bijoux Halo, chez mon amie Julie Guittard, fleuriste aux doigts brillants et aux belles envolées florales.

Une campagne dont la spontanéité a donné une couleur particulière aux images.

Leur saveur réside, en grande partie, dans le naturel de Julie à conduire la séance, et plus que tout dans le caractère improvisé de celle-ci.

L’improvisation – au sens noble du terme – permet de créer une fraîcheur et un regain, dans le moment photographié, d’une incroyable intensité de vie. Elle agit tel un filtre et gomme les imperfections d’un cadrage ou d’un geste, et crée cet incroyable style qu’il est impossible de scénariser ou même de reproduire.

L’improvisation permet aussi d’amener les gens à se découvrir et permet de capter cet élan rare d’une réponse ou d’une attitude spontanée. Une réponse au-delà de notre éducation, de nos peurs et de notre jugement sur nous-mêmes.

Un jugement souvent dur, parfois aux antipodes de l’image que les autres perçoivent de nous ou de l’image que les autres se font de nous. Nous sommes les premiers à nous corseter dans une vision contraignante de nous-mêmes.

Lorsque je regarde les photos de cette campagne,  je les trouve très belles  … même lorsque je regarde celles où j’ai posé.

Je les trouve belles car je ne ne me reconnais pas. Je suis conditionnée depuis toujours à me voir comme une fille plutôt qu’une femme. Mon air juvénile m’a toujours cantonné au créneau de jeune fille, et la vision que j’ai de moi-même est donc arrêtée à un jeunisme qui m’a longtemps complexé plus jeune et qui, aujourd’hui, me surprend encore.

Lorsque je nous écoute parler de nous, je constate que nous sommes souvent nos plus cruels détracteurs. Ce que l’on regarde avec indulgence chez les autres ou que l’on qualifie de beauté pour certains, est souvent quasi irrecevable pour nous.

Et je ne fais pas exception à la règle.

Collection Halo Printemps- Eté 2017, Mulot B. |  Images Julie TellierMulotB_Halo_Julie_TellierMulotB._Halo_Tellier_JulieMulotB._Halo_Tellier_JulieMulotB._Halo_Tellier_JulieMulotB._Halo_Tellier_JulieMulotB._Halo_Tellier_Julie

Ensemble / Diary

Samedi était une belle journée. Nous avions organisé à l’Atelier, un troc-bouture dont le principe était de troquer ou de vendre à un prix très symbolique, afin de rester dans un esprit d’échanges, de jolies plantes en devenir.

Il y avait des passionné(e), des connaisseurs, des néophytes, des amoureux, des dames, des messieurs, des enfants.

Il y avait beaucoup de sourires et beaucoup de rires, quelques bêtises, beaucoup de terre, une vingtaine de variétés de succulentes, de jolis pilea peperomioïdes, un pied de bourrache, deux iris violets, de la menthe odorante, des pothos, des kalanchoës et quelques inconnues .

Il y avait surtout un moment incroyable où le plaisir d’être ensemble avait supplanté la raison de ce rendez-vous.

L ‘excuse d’être ensemble. Tous ensemble.

Je crois profondément que cet individualisme qui nous caractérise tant  au yeux du monde et qui définit la culture française s’essouffle enfin. Être fort et frondeur ne suffit pas lorsque l’on est seul. Se tourner vers l’autre, échanger, partager sans attente, simplement, et libre de toutes arrières pensées est aujourd’hui plus que essentiel.

Vivre les uns à côté des autres, sans se mêler, sans poser de questions, en regardant droit devant soi est une exception française qui ne peut plus exister. Partager, co-habiter et se tendre la main sont des choses fondamentales dont nous avons tous besoin.

Hier était une belle journée de partage.

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Eponyme / La Ville Rose

Dimanche rose dans la ville éponyme. Les toits jaillissent et brillent sous les pluies du printemps. Et sèchent, à peine le soleil apparu.

La palette n’en finit plus de s’étendre. Le chair côtoie le gris, le rose pâle somnole au près du violine qui s’assombrit quand le ciel se couvre.

Et sous ce ciel blanc d’avril, les tuiles des toits de la ville s’écaillent dans la lumière tombante des jours qui s’allongent.

C’est le printemps sur la ville rose.

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Bouture du dimanche / Green Life

Je suis sortie prendre les rayons et le bon temps de la ville rose. Partager un petit déjeuner tardif et juste parler de tout, et de rien.

Nous sommes parties marcher. Flâner et regarder les oiseaux qui piaillent autour de cette vieille dame qui les nomme un à un. Arthur, Regina, le petit brun. Elle était drôle cette petit dame aux sacs remplis de pain dur et de miettes.

Le retour. Et le plaisir de rentrer à la maison. Poser les clefs, s’arrêter un moment et choisir de s’occuper en rangeant les mille et une choses qui bâtissent notre univers .

Décider sur un coup de tête de peindre en blanc cette planche, dans la cuisine, qui pourrait venir accueillir mes boutures d’hiver.

Abritée de la lumière directe, un emplacement lumineux et suffisamment visible pour les avoir à l’oeil. C’est une place parfaite pour expérimenter quelles techniques de bouturage.

Je me suis décidée à piquer quelques tiges d’un premier pied de ceropegia qui n’en finit plus de se languir. J’ai coupé les 2 tiges tout en longueur sur un minimum de 3 noeuds, et ôté les quelques feuilles entre le premier et le second noeud.

J’ai ensuite, mis en terre le premier noeud de sorte que seuls les noeuds 2 et 3 soient apparents.

Et puis, finalement, je me suis attaquée à la bouture – ou drôlement appelée raquette – de figuier de barbarie que j’avais paresseusement mise à végéter de côté.

Coup de bol, le cal – une sorte de pellicule grisâtre sur la partie tranchée – qui s’est formé, a bien séché. Je l’ai repiqué aux deux tiers de sa taille, dans un mélange de terre et de sable que l’on trouve dans le sud-est, au pied du massif des Maures.  Je la laisse maintenant bouturer à température ambiante.

Wait and see.

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Les Heures / Diary

Les heures.

Un moment, un geste, un quotidien. Chaque  » heure  » est un moment intime.

Il y a une heure pour tout, il y a une heure pour chaque personne. Les heures sont une sorte de rituel qui pointe certains moments de nos vies quotidiennes. Je parle de ces petites heures. Nos heures.

Je n’avais pas compris la force du sens de ce mot. Je n’avais pas compris ce que signifiaient les heures. Ces heures où tu t’interroges sur de petites choses infimes devenues aussi vastes qu’un continent. Il y a de l’infiniment grand dans chaque petite pensée de nos vies.

Il y a quelque chose d’universel dans ce terme. Nous avons tous nos propres heures. Des gestes précis qui nous confortent, des moments qui nous structurent. Ces heures sont une sorte de petites litanies qui n’appartiennent qu’à nous.

Bien plus que de simples habitudes, elles ont un sens unique à nos yeux saluant parfois, chérissant toujours. Perdre un heure ne nous aura jamais autant enrichi que dans ces moments là. Nous sommes riches de toutes ces heures perdues à battre le pavé et à observer le monde.

Nous prenons rendez-vous avec nous-mêmes. Quotidiennement, parfois une fois par mois, lors d’un anniversaire, autour d’un souvenir. Nous célébrons nos vies, les vies, la vie, celle qui prend une majuscule. La grande.

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Muséum de Toulouse / La Ville Rose

A la faveur de la pénombre des allées, au travers des vitrines éclairées, le Muséum de Toulouse nous offre les histoires du Monde, une histoire de l’Humanité.

Collections et collectes se côtoient, archivant notre patrimoine faunesque au travers des silhouettes de ses animaux, ou de leurs squelettes, à jamais figés dans le temps.  Le chemin continue et nous explorons le pourquoi de notre commencement, l’extinction de ce que nous avons été et le début de ce que nous serons demain.

Evolution des moeurs, des outils, du langage et des habitudes, le Muséum répertorie à la fois les petites histoires et les grands moments, toutes les questions qui nous convoitent, la direction que nous avons prise, la fuite en avant et l’élan pour un saut décisif vers un monde à venir.

Et toujours cette problématique, au fil de nos histoires communes, qui consiste à nous rappeler combien la marche qui nous amène vers notre histoire, devrait être au même rythme que celui de la nature et du mouvement de notre planète.

Comme une conclusion évidente, le Muséum termine sur le jardin. Et là encore, il se déploie en chapitres allant du nord au sud, d’est en ouest. En cercle, on se promène à l’ombre des essences de bois et des graines qui enrichissent nos terres et nos paysages.

Mais ne nous méprenons pas, il est bien plus qu’un simple répertoire de nos environnements. Il est aussi un chemin de fer qui nous invite à réfléchir à ce que nous avons perdu, dans cette course sans fin vers une exploration sans but. Car si découvrir est une notion bien galvaudée de nos jours, préserver est aujourd’hui ce qui devrait être le maître mot de nos recherches. Préserver et protéger pour permettre au futur de se construire sans nous perdre en retour.

Collection permanente | Muséum de Toulouse |  35, allée Jules Guesde, 31000 Toulouse | Programme des expositions à venir Mulot B / muséum de ToulouseMulot B / muséum de ToulouseMulot B / muséum de ToulouseMulot B / muséum de ToulouseMulot B / muséum de ToulouseMulot B / muséum de ToulouseMulot B / muséum de ToulouseMulot B / muséum de ToulouseMulot B / muséum de Toulouse

Après Fantin-Latour / Mulot B. speak !

Il y a des petits projets, confidentiels et secrets, que l’on garde en tête, et dont l’idée s’affaire aussi vite qu’un ciel de grand vent.

Lorsque Delphine m’a contacté pour me parler d’un de ces petits projets qui nous entortillent l’esprit, elle m’a parlé de Fantin – Latour, d’Henri, du palais du Luxembourg, de Paris, de sa soeur, de poètes maudits et de bijoux.

Dispersés dans sa peinture, ils s’égrènent à un poignet, dans le pli d’une corsage ou le long d’une nuque découverte. Fantin – La tour ne peint pas de rivières, ni de diamants qui scintillent de mille – feux dans des effets de palette. Fantin – Latour peint des femmes silencieuses aux mains calmes mais aux regards de tempête. Le noir de leurs pupilles suffisent à parer les portraits qu’elles lui inspirent.

Et puis le reste est accessoire, une dentelle qui chemine le long d’un col en calicot, des fleurs de soies piquées au chapeau, le jonc à clapet d’un poignet, le bleu froid d’une améthyste, le médaillon d’un bijou de cou glissé dans un ruban.

Il y a bien quelques coquettes qui demandent, afin de paraître plus officiel, une touche d’ors et quelques grammes de pierres fines ajoutées à leurs figures.

Mais il les préfère, elles. Elles sont l’écrin d’une vie secrète multiple et emportée, cachée sous leur corset pareil à ces bijoux sans teint, ni dorure mais qui renferment en leur coeur, l’éclat d’une perle parfaite.

Exposition  » Fantin – Latour, à fleur de peau  » | Musée du Luxembourg | Du 16 septembre 2016 au 12 février 2017

Bijou Mulot B x Fantin-Latour Bijou Mulot B x Fantin-LatourBijou Mulot B x Fantin-LatourBijou Mulot B x Fantin-LatourFantin-Latour Henri, Portrait de Charlotte Dubourg, Musée d’Orsay , 1921 | Bijou Médaillon Charlotte, Mulot B. |  En vente sur Après Fantin- Latour, la galerie 

 

Photo Project #2

La fulgurance du passage de ces premiers jours de l’année 2016 est incroyable. Et pourtant, une impression de lenteur s’éternise dans la lumière qui décroit au fil des heures.

Le monde semble se figer, recroqueviller sur lui -même à mesure que les températures baissent. L’hiver approche et s’installe dans le fond de l’air et dans la lumière froide des matins en brume. Les toits de Toulouse pâlissent sous le vernis du crachin.

J’entame ce nouveau rendez – vous du challenge  » Photo Projet  » sur le thème   » bois « . Je suis une fille des villes par défaut, battre la campagne et marauder à la récolte comme lorsque j’étais enfant, me manque terriblement parfois.

Il n’empêche que la balade du dimanche s’est transformée en marivaudage au marché et promenade dans la ville rose. Sous une petite pluie glacée et entre 2 nuages gris, quelques courses pour grappiller des légumes & une ou deux branches d’ilex aux fruits mûrs.

Et au retour de cette sortie dominicale, la chaleur d’un café bien chaud et une tasse de thé bien citronnée,  et savourer le ronron chaleureux de la maison. Et se rendre compte de la chance d’avoir un endroit bien à soi.

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Pour retrouvez toutes les balades du  » Photo Projet « , filez sur le blog de Lauriane et découvrez de quelles autres manières on se réveille  | Bois . PP#2 © Mulot B.

Les coudes sur la table / Brunch

Les bonnes choses. Nous aurions pu l’appeler Constance, tant la régularité et le sérieux de cette belle adresse est indéniable, mais nous l’appellerons Amélie puisqu’il s’agit de son prénom.

Amélie a crée son restaurant, Les coudes sur la table,  il y a trois ans révolus. Un bel espace lumineux et cosy pour une cuisine inventive. Une carte adaptée aux déclinaisons du moment, des recettes multiples de bun’s gourmands et des plats aux allures de traits d’union entre les souvenirs gourmands d’une cuisine familiale qui nous submerge et, le petit je-ne-sais-quoi qui montre que tout ce qui compose notre assiette est parfaitement maitrisé.

En test donc, pour cette belle adresse, le gourmand brunch du férié ( il semblerait que l’apparition un peu folle de cette habitude anglaise les jours de férié de mai soit devenue une tradition dans ce petit restaurant ).

Point de départ : tartines savoureuses et pains aux céréales accompagnés de confitures maison – fruits de la passion ou fraises – et, avouons-le, ce qui retient le plus notre attention, une pâte de nutella aux allures de ganache à tomber, et un beurre de cacahuète grillée terriblement addictif.

Viennent ensuite des pancakes en 3 versions – light, aux myrtilles version  » je me souviens  » et banane – l’ultime combinaison. Talonnés de prés par une assiette salée, composée d’œufs brouillés, d’un mini bun’s – pain maison oblige – tartiné de fromage frais et garni d’un blanc de poulet effilé et de quelques bribes d’alfalfa, le tout accompagné d’un croquant mesclun et de légumes rappés. En sus, la petite purée d’asperge qui apporte cette petite touche d’amertume qui révèle aux papilles, les autres saveurs.

Pour terminer, une salade de fruits frais dûment expédiée à l’estomac, et de jolies madeleines savoureuses et dont le goût simple nous a évidemment évoqué celle si chère à notre dandy de Marcel ( Proust, hein pas Pagnol ).

En conclusion, un bon moment culinaire, efficace et gourmand. J’avais déjà testé à plusieurs reprises les gourmandises de 16h et, c’est en toute honnêteté que vous pouvez vous rendre à cette adresse, les yeux fermés … et avec une petite réservation au cas où.

Le petit +  l’été, Les coudes sur le table, se pare d’une jolie terrasse où le sirotage de smoothies et thés glacés maison est fortement recommandé.

Les coudes sur le tables copy. Myrtille