A soi / Diary

Je me souviens de ce choix comme d’une évidence, la certitude de prendre une bonne décision et de faire ce qui était bon pour moi.

Un choix complètement à l’opposé de mon quotidien si prévoyant, si calculé. Du long terme bien défini, pour ne pas dire tout tracé.

Et puis, la décision.

Créer mon entreprise, gérer mon activité, travailler sans filet, voir à court terme, sans jamais rien lâcher. La fierté des compliments, les bonheurs des encouragements, les premières ventes aussi.

Du début jusqu’à la fin : penser, choisir, créer, communiquer, vendre et comptabiliser.

Tout à faire et tout à construire. Tant à faire et tant à construire.

S’absorber dans son travail, ne faire plus qu’un et se perdre, peu à peu, dans le prisme de sa passion. Et puis tomber, encore et encore dedans.

Il est finalement assez drôle de se rendre compte que le seul et unique bijou que je ne me sois jamais confectionnée, en huit ans d’existence, ne soit  autre qu’une petite bague faite d’un fil d’or et d’une petite forme stylisée en croix.

J’ai littéralement épousé, je crois, ma passion, mon travail.

Au début, ça ne m’était pas flagrant. Et puis, au fur et à mesure, c’est devenu si réel, tellement présent au quotidien.

Trop réel. Il faut parfois savoir souffler et se dissocier de cette passion bien exigeante, tout en gardant en tête ce que nous impose le métier.

Il m’est bien difficile de savoir,  ces derniers temps, comment conjuguer les deux.

Il me semble, depuis quelques mois, que je souffre davantage de cette exigence quotidienne et de ces habitudes qui place le travail bien en premier. Difficile de changer les automatismes mais peu à peu, je commence à réfléchir différemment et à identifier le geste, la parole ou la pensée qui me va conditionner à revenir sans cesse au travail.

Nous sommes ce que nous faisons, c’est encore plus vrai pour les artisans, et cette limite est si franchissable.

J’essaye de re-apprendre à aimer avant de faire, et surtout de regarder au delà de la limite de mon établi. C’est parfois bien difficile.

Diary_a_soi

Bague Marigold, Collection Halo |  Images Mulot B |  Coming soon

8 réflexions au sujet de « A soi / Diary »

  1. Cela ne doit pas être facile en effet de ne pas se laisser envahir, pour que ce que l’on crée reste une passion et pas une contrainte.
    Garder la légèreté de la création dans un cadre professionnel une philosophie à garder au quotidien…
    C’est toujours magique de faire un petit tour chez toi.
    Belle journée

  2. Un très bel article qui vient du coeur, ça se sent !
    On parle beaucoup actuellement des « métiers-passion » mais c’est certain qu’il y tout un tas d’éléments derrière auxquels on ne pense pas forcément quand on se lance.

    « S’absorber dans son travail, ne faire plus qu’un et se perdre, peu à peu, dans le prisme de sa passion. Et puis tomber, encore et encore dedans. » –> Très belle phrase.

    Bonne journée,

    1. Merci à toi Margarida, pour tes jolis mots. C’est tout à fait vrai : au moment où tu te lances, tout est à faire … et tu ne penses pas un seul instant que, peut être, dans 8 ans, ce qui t’animait tant, commence à devenir trop encombrant au quotidien. C’est une nouvelle étape que j’espère franchir avec sérénité.

  3. C’est très bien écrit ma petite Marie. Tes mots me parlent bien sûr. Je vois bien cet équilibre qu’il faut sans cesse trouver. Je t’embrasse bien fort ❤

  4. Clients ou admirateurs que l’on soient, ne voyons pas combien c’est difficile de vivre de sa passion. Je découvre, en lisant ton post, que ce n’est pas une qu’une question de création ou de créativité. Continue de nous faire rêver Marie Anne, j’espère que tu trouveras ton équilibre.

Répondre à Mulot b. Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>